| Note sur l’actualite
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23 février 2005
1. Où en sommes-nous ?
Une victoire qui en appelle d’autres
L’Assemblée Nationale (AN) a terminé l’examen des amendements et le vote solennel aura lieu le 2 mars. Le Sénat sera saisi du texte à partir du 15 mars (au lieu du 22). De nombreux amendements ont été votés n’améliorant pas nécessairement de façon démocratique ce texte. Nous devons persister dans nos interventions d’ici la lecture au Sénat car si nous avons avancé de façon significative sur l’EPS, le cœur du dispositif organisé autour du socle n’a pas été ébranlé. Certes, on pourra toujours relativiser cette question mais elle marque une nouvelle donne dans l’approche de la formation des jeunes concernant son contenu. Il est clair que le débat qui a traversé les organisations syndicales, para/périscolaires et les associations des parents d’élèves a apporté de l’eau au moulin du gouvernement ; celui-ci, et cela nous a été répété à maintes reprises, estimait qu’il était soutenu sur l’idée d’un socle mais dont le seul périmètre (les « in » et les « out ») faisait débat ! Il est vrai que seules la FSU et la FERC-CGT ont développé la problématique de la culture commune, approche soutenue par les députés de l’opposition et par quelques uns de la majorité. Des amendements ont été déposés dans ce sens. Ce débat reste donc ouvert pour la suite du débat public sur l’éducation, mais relativement bloqué pour le débat sénatorial à venir.
Enfin, les questions de l’EPS ont été massivement présentes dans l’enceinte de l’AN ; il suffit de se reporter aux comptes rendus des débats pour le constater ; nos arguments ont été massivement repris par toutes les tendances politiques. Cela montre l’effet considérable, et que l’on doit analyser, des 400 000 signatures recueillies par la profession ; c’est cette convergence de l’opinion et de notre revendication qui a ébranlé les élus et les a amenés à des interventions fréquentes et argumentées. Vous pouvez en prendre connaissance sur le site ministériel (notamment le débat le jeudi 17 après-midi et soirée) http://www.loi.ecole.gouv.fr/_web/templates/projetdeloi.php?NodId=116
2. Sur la stratégie du gouvernement.
Le gouvernement a été bousculé dans son projet par la mobilisation enseignante (7 déc., 20 janvier, 5 février, 15 février) et lycéenne. Le grand nombre de personnels et de jeunes entrés en action, l’ont obligé à des explications publiques de son projet qui n’ont pas convaincu grand monde. Il n’a pas convaincu sur le RMI culturel, pas plus que sur les inégalités, le bac, les TPE ; ce sont incontestablement ces deux dernières questions qui ont été le plus médiatisées ; il n’est d’ailleurs pas interdit de penser que les volte face du ministre et nos explications (FSU) ont conduit le SE et le SGEN à douter de leur stratégie ; leurs hésitations sur l’entrée en action le 15 février sous prétexte que c’était une journée trop anti-loi est significative, et la forme adoucie de la plate forme pour le 10 mars est de la même veine. Au nom de ne pas perdre le contenu de la plate forme du 20 janvier, ils nous proposaient de faire pédale douce sur la loi ; c’est curieux.
Dans l’immédiat le gouvernement compte, comme en 2003 sur le pourrissement des actions, spéculant sur les approches trop souvent divergentes des syndicats ; en même temps, il faut lire dans les dispositions de la loi que son contenu le plus conservateur correspond certainement aux concurrences internes à la droite, pour maintenir son hégémonie sur les couches qui votent pour lui. Conservatisme dans les approches idéologiques, économisme pragmatique de l’autre cadrent le rassemblement que veut organiser la droite autour de ce projet.
3. Sur l’action
En attendant, pour fin février et début mars, les journées d’action se remplissent :
Fin février (24, 25…) : manifestations de lycéens et grève de l’Académie de Lille
8 mars : journée nationale d’action des organisations lycéennes
9 mars : journée contre le projet de loi sur la recherche (LOPRI)
10 mars journée inter confédérale et fédérale, public et privé.
10 mars
Cette journée se situe dans le prolongement du 5 février pour les confédérations et du 20 janvier pour les fédés de l’éduc et de la fonction publique.. Elle représente un moment important de convergences même s’il y a encore des grincements sur le contenu concret des plates-formes revendicatives. Notre objectif est bien que cette journée doit battre, en mobilisation, les deux journées précédentes. De ce point de vue la FSU a la responsabilité de bien engager les explications sur le sens de notre présence à cette journée : elle porte sur les salaires, l’emploi, les suppressions de postes et la nécessaire ouverture de négociations sur la loi Fillon. Il faut faire face aux craintes possibles « d’être noyés » ou « mal visibles » dans cette journée. C’est bien notre présence massive qui tranchera dans ces craintes. Il faut bien préciser que nous sommes en action pour gagner sur nos revendications et que c’est bien la politique suivie par le gouvernement qui conduit à cette situation. De ce côté-là, il y a une forme de cynisme à hurler aux loups en laissant croire à sa concomitance volontaire avec la journée de la visite des sites olympiques par la commission du CIO (9-13 mars). Le MEDEF Ile de France parle « d’irresponsabilité et d’incivisme » et demande « de décider d’un moratoire visant à suspendre toute action revendicative jusqu’au 6 juillet 2005 » ! Rien de moins. Faut-il prendre les membres de cette commission pour des personnes incapables de saisir les questions d’actualité, comme si les pays (villes) en concurrence n’avaient pas chacun connu ce type d’action sociale.
Il est clair que le gouvernement cherche à éteindre toute extension des luttes ; ce n’est pas la visite des sites qui l’inquiète mais bien la réussite du 10 mars ! En même temps il craint aussi le débordement des actions (par le contenu qu’elles portent) sur le contenu du débat sur le traité constitutionnel et le référendum.
C’est cette configuration de l’actualité qui conduit le gouvernement à se satisfaire d’une forme de statut quo dans ses réactions tout en en rajoutant sur les explications de sa politique : voilà pourquoi, semble-t-il, le ministre de l’Education est à la recherche (encore une fois) d’une agence pour une campagne d’explication sur la loi. Expliquer plutôt qu’écouter, voilà la ligne.
4. Sur ce que doit faire le SNEP aujourd’hui
Même si la question de la loi reste une préoccupation majeure jusqu’à son adoption définitive (fin mars ?), les autres dossiers (mutations, promotions, emploi, forum) vont connaître une accélération ces jours-ci. Il est de l’intérêt du SNEP de profiter de toutes les occasions pour faire fructifier ce que nous avons acquis. Le prochain CDN devra faire le point sur ces questions.
Dans l’immédiat :
1. la signature et les interventions vers les élus ne doivent pas se relâcher. Il nous paraît peu probable que le Sénat (15 mars) revient sur ce qui a été voté sur l’EPS ; par contre la bataille sur le socle ne doit pas être abandonnée ; les arguments développés par les tenants de cette théorie demeurant faibles nous devons continuer à les discuter âprement. Pour notre part nous devons rester sur ce que nous avons défendu à l’Assemblée : Promouvoir notre approche de la culture commune et des tâches à remplir pour lui donner un contenu plus concret et, si nous sommes battus, formaliser notre revendication du « développement physique et du pouvoir d’agir » comme porteur de connaissances et compétences indispensables.
2. Organiser notre visibilité et notre présence massive aux manifestations du 10 mars. Nous commençons à avoir une pratique qui s’est faite remarquer par les autres syndicats ; il faut continuer dans le même esprit, très tourné vers l’opinion, les parents, les jeunes et les autres enseignants.
3. Nous aurons collectivement à tirer les enseignements de notre pratique de la récente période. C’est bien notre capacité à se tourner vers l’opinion qui nous a permis de gagner ; cela devrait permettre de repositionner les débats qui ne manqueront pas de monter sur le boycott des examens (comme action isolée).
4. Nous attendons vos propres analyses et propositions d’initiatives ;
5. N’oubliez pas de nourrir le site national
Jean lafontan