| CDN du SNEP des 17 & 18 MARS 2005
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TEXTE ACTION
Les enseignants d’EPS se sont fortement mobilisés depuis plusieurs mois, dans les diverses journées d’action unitaires pour le système éducatif, des salaires revalorisés et une politique de l’emploi dans les secteurs public et privé, ainsi que dans les actions diversifiées initiées par le SNEP pour la défense de l’EPS et pour une autre loi sur l’éducation. Nombreux sont ceux qui ont assuré une prise en charge active de l’appel du SNEP « une éducation sans EPS n’est pas une éducation » (450 000 signatures). Cette mobilisation et les formes qu’elle a prises (contacts avec l’opinion, la presse, rencontres systématiques avec les élus et les groupes politiques, liaison entre les questions spécifiques et les questions générales –loi sur l’éducation, budget, pouvoir d’achat, emploi, temps de travail,…-) a abouti à ce que l’EPS occupe une place importante pendant les débats parlementaires sur la loi. Cela a contraint la majorité parlementaire et le gouvernement à réintroduire dans la loi « la prise en compte des résultats de l’EPS » au brevet et le ministre à affirmer publiquement le maintien des horaires, la place de l’EPS aux différents examens et le caractère obligatoire de l’EPS aux différents niveaux de la scolarité.
Pour autant, nous n’avons pas réussi à obtenir le remplacement de la conception « socle des indispensables » par celle de « culture commune », et l’EPS reste à ce jour exclue des disciplines jugées indispensables dans la loi.
La journée du 10 mars d’action unitaire avec grèves dans le public et le privé vient de marquer un élargissement de la mobilisation et un rejet croissant de la politique gouvernementale sur les questions de pouvoir d’achat, d’éducation, de recherche, de services publics, de temps de travail, etc. Les salariés du public et du privé en lutte, le soutien massif de l’opinion mettent en évidence l’exigence d’autres orientations.
L’amplification du mouvement a contraint le gouvernement à donner pour la première fois quelques signes d’ouverture en particulier sur la question du pouvoir d’achat. Mais ceux-ci restent cependant ambigus, d’autant que le pouvoir réaffirme sa volonté de poursuivre sa politique de « réforme » et de « donnant-donnant ». Il n’a pas renoncé à ses projets de réduction de l’emploi public ou de remise en cause des statuts des fonctionnaires, du code du travail et des 35 heures sous la pression du MEDEF qui continue de combattre toute augmentation des salaires.
Si quelques modifications ont été apportées par l’Assemblée Nationale au projet de loi Fillon sur l’Ecole, (pas toutes positives !), ce texte n’a pas changé dans son essence même. Il risque de s’aggraver pendant le passage au Sénat. Il reste un projet lié aux orientations prises au sommet européen de Lisbonne, qui réorganise le fonctionnement de l’école sur une nouvelle forme de tri social des jeunes et ne répond pas aux exigences d’élévation des qualifications pour tous les élèves.
Dans le même temps, la préparation de la rentrée 2005, organisée à partir d’un budget que nous avions dénoncé comme notoirement insuffisant, se caractérise par un nombre important de suppressions de postes, par l’imposition d’heures supplémentaires, (qui amplifie les suppressions de postes), dans les collèges et lycées, en particulier en EPS.
Dans le secteur de la Jeunesse, des sports et de la vie associative, la faiblesse du budget, la tentative de vente du CREPS de Montry, les projets pour celui d’Antibes, les incertitudes sur l’avenir des DD et DR, les atteintes aux missions et aux statuts des personnels, font craindre un abandon par l’Etat de ses prérogatives en matière de sport et d’éducation populaire.
C’est pourquoi le CDN du SNEP considère indispensable de poursuivre et d’amplifier la mobilisation engagée en recherchant le cadre le plus unitaire possible.
Le SNEP s’associe aux exigences de la FSU, dans la fonction publique pour « une prise en compte immédiate de ses revendications en matière de rattrapage du pouvoir d’achat depuis 2000 des actifs et des retraités, sans contrepartie ; pour l’ouverture de négociations sur les bas salaires, la grille des rémunérations, la formation continue, la résorption de la précarité ».
Le SNEP condamne les projets de remise en cause d’une fonction publique de carrière et de développement dans la fonction publique d’une logique managériale, notamment à travers les projets de réforme de l’Etat.
Le SNEP condamne et s’oppose aux transferts de personnels et de missions tant à l’EN, qu’à l’Agriculture et qu’au MJSVA.
Après la réussite de la journée d’action nationale de défense des services publics à Guéret le 5 mars, le SNEP participera, avec la FSU au développement de collectifs départementaux de défense des services publics.
Le SNEP mènera des débats avec les collègues pour mettre en évidence la liaison et les enjeux communs des problèmes du secteur public et du privé (pouvoir d’achat, emplois, temps de travail, code du travail et statuts, …). Il souhaite le développement, suite au 10 mars, au plan interprofessionnel, d’initiatives permettant de nouvelles mobilisations unitaires incluant la question scolaire. Il s’agit bien de construire un mouvement social articulant exigences spécifiques de secteurs et enjeux globaux, recherchant le tous ensemble.
Dans l’éducation et la recherche le SNEP appelle les personnels à continuer d’agir et amplifier le mouvement :
• Pour l’abandon de la loi Fillon et une autre politique éducative qui assure véritablement la réussite de tous.
• Pour l’abandon du projet de loi organique pour la recherche et l’innovation ;
• Pour un collectif budgétaire restituant les moyens supprimés à la rentrée 2005 ;
• Pour une programmation des moyens permettant de répondre à l’ensemble des besoins. ;
• Pour les salaires et les pensions, la protection sociale et les retraites.
Le SNEP appelle les enseignants d’EPS à tout faire pour que se mènent, en convergence avec les jeunes et les parents, des actions diversifiées, notamment dans la semaine du 21 au 25 mars, le jour de la réunion de la Commission Paritaire Mixte censée achever l’examen du projet de loi.
Le SNEP mènera dès maintenant une campagne d’explications et de mobilisation des collègues sur l’ensemble des questions liées à la gestion des personnels (hors classes, mobilité, emploi). Il recherchera l’unité avec ses partenaires, en particulier avant et au moment des commissions paritaires sur les hors classes. Il élaborera avec eux des propositions alternatives pour un fonctionnement optimum du service public, avec des règles de gestion des personnels fondées sur l’équité et la transparence.
Le SNEP appelle les collègues à se mobiliser pour assurer la réussite de la journée nationale unitaire de manifestations interrégionales sur l’Ecole du 2 avril réunissant personnels, parents, étudiants et lycéens. Cette journée doit constituer un véritable rebond de l’action. Sa réussite nécessite que des contacts immédiats soient pris avec les autres syndicats, les parents, les lycéens et les étudiants. Il appelle les enseignants d’EPS à y faire entendre haut et fort les revendications de la profession.
Le SNEP organisera, à tous les niveaux, si possible avec le SNES et le SNUEP, l’action des collègues contre les suppressions de postes, pour la transformation des moyens provisoires en heures postes et mettra en place une campagne de refus collectif des heures supplémentaires et pour la prise en compte de l’AS dans le service.
Le SNEP poursuivra la mobilisation de la profession et de l’opinion pour la défense et le développement de l’EPS et du sport scolaire menée ces derniers mois. Il continuera de s’adresser aux collègues en mettant en avant les acquis, les problèmes qui subsistent et les orientations qui président dans la loi. Le vote de la loi ne saurait mettre un terme à l’action des enseignants d’EPS qui doit se poursuivre, en particulier lors de l’élaboration des décrets d’applications, pour une reconnaissance réelle de l’EPS et du sport scolaire dans le système éducatif et pour l’intérêt des jeunes et des personnels. L’action sur la culture commune et le socle se poursuit.
Des risques majeurs s’annonçant sur le CAPEPS 2006, le CDN appelle les militants du SNEP à des rencontres systématiques avec les étudiants STAPS, les formateurs en vue de mettre en place des actions, et dans un premier temps d’assurer une participation massive aux manifestations du 2 avril.
Le SNEP et la FSU doivent poursuivre la réflexion et l’élaboration de propositions alternatives ambitieuses pour l’école et mettre en oeuvre une véritable campagne d’opinion.
Le SNEP appelle les enseignants d’EPS à s’emparer de la pétition contre la remise en cause de l’EPS dans la formation des professeurs d’école, à rencontrer les enseignants, les étudiants et les parents et à mener campagne sur ce thème.
Le Forum international pour l’EPS et le Sport, organisé à l’automne 2005 par le SNEP sera un moment fort de la campagne pour l’EPS et pour un sport humaniste. L’objectif affiché de 1000 participants à l’initiative nationale des 4, 5 et 6 novembre nécessite une implication forte de l’ensemble des militants du SNEP. Sa préparation dans les départements et les académies doit donner lieu à des initiatives publiques en direction de la profession et de l’opinion. Le CDN décide de lancer dès maintenant un appel à pré-inscription et une souscription pour la réussite de cette initiative majeure.
Le SNEP développera l’action avec ses alliés pour un véritable service public éducatif d’Etat de la Jeunesse des Sports et de la Vie Associative. Il exige l’ouverture de négociations sur les missions, les compétences et l’organisation des services et des établissements du MJSVA.
La politique à laquelle nous sommes confrontés, de la responsabilité première du gouvernement en place, n’est pas sans rapports avec les stratégies du patronat et des forces libérales en Europe. Le SNEP considère qu’il est important, au plan européen, d’affirmer avec force notre volonté de défendre les services publics et les droits sociaux, de refuser la directive Bolkestein et de combattre une logique du «tout libéral». C’est pourquoi le SNEP participera samedi 19 mars à la manifestation de Bruxelles sur les bases de l’appel adopté par le Bureau délibératif national de la FSU.
Le CDN vient de porter une appréciation sur le projet de traité constitutionnel en exprimant son désaccord avec son orientation générale. Il décide de poursuivre et d’accentuer le débat engagé avec les syndiqués et de mettre en œuvre la consultation de ceux-ci sur une éventuelle consigne de vote, comme décidé au CDN du 21 janvier. Il informera les collègues de ses arguments et positions et participera aux mobilisations et initiatives qui vont dans le sens d’une autre Europe, démocratique, sociale et plus juste.
Voté à l’unanimité