EPS : UNE MOBILISATION IMPRESSIONNANTE


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Ils s’y étaient préparés ! Chacun à sa façon mais tous avec une conviction trempée à l’analyse du projet de loi FILLON et de ses conséquences pour l’école en général et pour l’EPS en particulier. D’ailleurs, ils ont voulu s’assurer de leurs lectures : il y a bien longtemps que les AG et autres congrès organisés par le SNEP n’avaient rassemblé autant de collègues ! Dès le retour des vacances de Noël, des départements bretons avaient donné le ton : ça démarrait fort. A Paris, ils étaient quelque 200 enseignants d’EPS à la Bourse du Travail !En Ardèche, 42 collègues (un chiffre jamais atteint) – soit plus d’un collègue sur 3 - ont participé au Congrès départemental. Et que dire de la surprise de la toute jeune équipe du SNEP Val d’Oise en constatant que 60 collègues avaient répondu à son invitation. Et puis, il y a ceux qui avaient pris de l’avance, comme les militants du Var : de stages en AGD, de «pendaison »en « bain de la colère », ils avaient placé les jalons d’une mobilisation exceptionnelle ! Sans oublier les contacts avec les étudiants STAPS, comme à Bordeaux ou à Poitiers où 220 d’entre eux ont participé pendant plus d’une heure à une AG d’information sur la loi Fillon !

Et c’est avec la volonté que le 20 Janvier fasse événement et contraigne les média à faire toute leur place aux préoccupations des personnels, y compris celles des enseignants d’EPS, que les militant-e-s du SNEP ont imaginé et préparé les initiatives pour le jour de la grève.

Une forte mobilisation dans la grève

Il y a d’abord les chiffres de grévistes qui traduisent l’ampleur du mouvement parmi les enseignants d’EPS. Dans l’académie de Caen, la Drôme, l’Isère, les Vosges environ 60% de grévistes. La grève était majoritaire parmi les profs d’EPS de l’académie de Lille, de l’Aude. Sur 90 établissements représentant le tiers des collègues de l’académie de Poitiers (qui ont mailé au SNEP les informations), 253 grévistes sur 315 enseignants d’EPS attendus, soit 80% ! Dans la Sarthe, ce sont au moins 2 collègues sur 3 qui étaient en grève. Même estimation pour le Rhône, la Loire Atlantique, le Maine et Loire, les académies de Clermont Ferrand et de Dijon, la Loire, l’Hérault, en Dordogne. Probablement plus dans le Gard, en Corrèze, Eure et Loir. Dans les Alpes de Haute Provence, on a frôlé les 90% et – pour l’ensemble de l’académie d’Aix Marseille, les 80% ont été approchés ! En région parisienne, selon les départements, 60 à 80% de grévistes. Dans le Bas Rhin, près de 50% alors que, dans le Morbihan comme en Charentes, environ 80% des enseignants d’EPS étaient en grève. Des collègues de l’enseignement supérieur (STAPS, SUAPS, IUFM) étaient également dans l’action (le STAPS de Nantes était fermé tout comme le SUAPS d’Angers).

La volonté d’être vus et d’être entendus !

Il faut dire, tout de suite, combien les autocollants réalisés par le SNEP ont fait un tabac !
A Rouen, les cordes et les baudriers avaient fait le déplacement (comme sur le Vieux Port à Marseille) et c’est suspendus du haut d’un pont qu’une dizaine de profs d’EPS ont salué le cortège de 8 000 manifestants parmi lesquels environ 300 collègues d’EPS et 150 étudiants STAPS. Dans cette académie, le SNEP a recensé 20% de la profession dans les manifestations ! Dans nombre de rassemblements, des PLC2 – ceux-là même qui étaient dans la lutte des STAPS l’an passé – étaient présents. Dans le Cher, ¼ des collègues a défilé dans les rues de Bourges où les grilles de la préfecture ont été « placardées » de (vieux) matériels sportifs. Même proportion à Angoulême (Charentes). Encore mieux dans le Gers, où plus d’un prof d’EPS sur 3 était présent à Auch ! Les masques blancs (un tract diffusé expliquait aux passants pourquoi les profs d’EPS « ont le masque »), les bruitages (tambours sur une remorque)et les « ex corporels » des collègues ont été particulièrement remarqués à Toulouse, donnant aussi du tonus à tous !
A Metz, les 2 centaines de « profs de gym » et d’étudiants ont assuré le spectacle : jeux de ballon, jonglages, vagues humaine, ronde géante Place d’Armes et enfin, le clou du spectacle devant la préfecture : camions déchargés, piste de gym improvisée, etc … « L’EPS au rebut ? NON ! » et, avec l’aide des pompiers, le feu est mis à tous les vieux objets apportés par les collègues. Du jamais vu en un tel lieu sous les fenêtres du maire !
Dans la Drôme, le tiers des 60 enseignants présents dans la manifestation étaient … dans des cartons couverts de slogans. A Dijon, les manifestants EPS avaient revêtu le tee-shirt blanc que le SNEP 71 avait fait confectionner (en reprenant le visuel de l’autocollant). Le SNEP 78 avait choisi une autre couleur (bleu) et d’autres visuels pour un tee-shirt qui a fait un tabac : les 150 exemplaires disponibles sont partis en quelques jours et un nouveau tirage est en cours ! Des milliers d’automobilistes avaient eu l’occasion de l’admirer (le 17 Janvier) lors d’une distribution de tracts à la sortie de l’autoroute ! A Amiens, les profs d’EPS étaient en orange !
A Paris, après un pré-rassemblement EPS à Beaubourg, 1200 à 1500 collègues ont animé le cortège parisien en donnant du corps et de la voix, sous la houlette d’un J.P.Lepoix déchaîné ! Preuve que « Le corps n’est pas une option » comme le proclamait une banderole déployée au milieu de la place de la République en haut d’un échafaudage de 20 m ! Les plus anciens – parmi lesquels nombre de collègues retraités qui étaient aux côtés des « actifs » dans toutes les manifestations – ont eu le sentiment de revivre certains moments forts qui ont marqué la profession ! A Marseille, un carré avec 12 collègues rappelant qu’il n’y a « pas d’éducation sans éducation physique et sportive » a été très apprécié des médias. A Strasbourg, beaucoup de jeunes collègues.
A Lille, plus de 250 profs d’EPS habillés en rouge avec autocollants et parcours en vélo. Les collègues de Dordogne ont défilé en sacs poubelles pour dénoncer le « tri sélectif » du projet de loi FILLON.

La présence dans les médias

Nombre de collègues avaient manifesté – dans les réunions et autres rencontres préparatoires à la journée d’action - leur mécontentement quant au traitement réservé par la plupart des médias à leurs préoccupations et à leurs revendications. En région parisienne, une soixantaine de collègues EPS se sont rassemblés le Mercredi 19 devant FR3 Ile de France pour exiger une information pluraliste : malgré l’accueil « hautain » du représentant de la rédaction régionale, le lendemain (le 20) - au journal du soir – la lutte des enseignants d’EPS a fait l’objet d’un sujet spécifique. Les radios et télés locales se font l’écho de nos actions et de nos préoccupations comme à Grande Synthe (59), à Saint Quentin en Yvelines (78), Rennes et dans l’Ardèche. Beaucoup de collègues ont entendu et apprécié l’intervention d’Isabelle PINPIN (S2 SNEP du Gers) dans l’émission « Là bas si j’y suis » de D.Mermet. Des articles spécifiques sur les questions de l’EPS et du sport scolaire ont été publiés dans plusieurs journaux régionaux : Ouest France, Le Courrier Picard, Est Républicain, La Montagne, La Voix du Nord, Toutes les Nouvelles (78), Le Parisien, Liberté Dimanche (76). Nos collègues I.Bouday et G.Onissé, du Jura, ont été interviewés par le journal régional.

Les interventions auprès des députés et des sénateurs

Si tous les députés et sénateurs ont été saisis par le SNEP (tant au niveau national qu’au plan local), l’enjeu d’audience sur place, dans leur circonscription, est décisif si nous voulons que le parlement résonne de nos préoccupations.
Dans l’académie de Montpellier, plusieurs audiences ont été obtenues auprès des députés : les 5 députés (PS / UMP) du Gard, 3 des 8 de l’Hérault ont reçu des délégations du SNEP. Dans le Nord, audience auprès d’A.BOCQUET, président du groupe des députés PCF. Dans le Val d’Oise, onze collègues ont rencontré un député UMP. Dans l’académie de Poitiers, audiences programmées en Charente, en Charente Maritime et dans les Deux Sèvres (au total avec 7 députés, de la majorité et de l’opposition). Il faut souligner que – Parmi les députés déjà rencontrés – plusieurs élus UMP / UDF disent être sensibles à nos arguments, s’engagent à intervenir lors du débat voire – comme ces élus du Gard – à déposer un amendement pour que l’EPS reste obligatoire à tous les examens.

De nouvelles initiatives déjà programmées

Le 22, opération « escargot à vélo » à St Omer (62) : 40 profs d’EPS mobilisés, 2 h d’animation du marché et 590 signatures collectées ! Le 22 encore, présence au Salon des Loisirs de Dijon. Le 23 Janvier, présence du SNEP lors du championnat de France UNSS de cross à Douai (59) et à la Foulée Blanche. Le 24, congrès académique extraordinaire du SNEP Lyon (plus de 120 collègues attendus). Le 26, un rendez-vous profs EPS / étudiants STAPS dans le centre de Bordeaux
Le 27 Janvier, le SNEP Montpellier fêtera le 125ème anniversaire de l’Education Physique obligatoire : le 27 Janvier 1880 a été publiée la loi « George » qui acté le caractère obligatoire de l’EP. Le 29, toute l’académie de Nice sera mobilisée pour l a « Chevauchée de l’EPS ». Géant ! A Rouen, le même jour, une action « Education » verra une animation EPS. Le 5 Février, toujours à Montpellier, rencontre-débat à l’UFR STAPS « EPS et éducation à la santé » et à Narbonne, signature de l’appel à l’entrée du match de rugby Narbonne - Bourgoin
Le 10 Février, congrès académique extraordinaire du SNEP Corse. Et il se dit que, même pendant les vacances scolaires de Février, les militants de l’EPS ne manqueront d’occasions pour se manifester !

La signature de l’Appel pour l’EPS

Toutes les manifestations du 20 Janvier ont été l’occasion de regrouper les appels déjà signer (notamment au niveau des établissements), d’informer manifestants et public et de collecter des milliers de nouvelles signatures. Cette même démarche a été mise en œuvre par de nombreux collègues à l’entrée de rencontres sportives nationales comme à Liévin (59), Hérouville (14), Seyssinet (38), Dunkerque (59), Montargis (295 signatures en 1 h 30 !) voire internationales (le Marrane de Hand en région parisienne). Des militant-e-s se retrouvent devant les magasins de sport (« on fait un tabac ») comme dans l’Ardèche, la Loire, en Seine St Denis, en Seine et Marne, à Lille, à Caen, etc... Les marchés sont aussi « investis » par des militants de l’EPS comme en Gironde, à Chartres, à Uzès et à Nîmes.
Mais ce sont dans les établissements, en s’adressant aux parents et aux élèves, qu’il est possible à la fois de mesurer le capital de sympathie et d’adhésion aux positions que le SNEP défend et de recueillir ces dizaines, ces centaines de milliers de signatures qui pèseront ! Au lycée J.Cœur de Bourges (18), ce sont les lycéens « option EPS » qui font signer l’appel. Dans l’Hérault, 1/3 des établissements sont déjà dans l’action. Au collège de Doullaincourt (52), 246 élèves et déjà … 379 signatures. Au Creusot (71), un collège a déjà dépassé les 500 mais la palme revient au Clg Les Prés de Montigny le Bretonneux (78) avec plus de 700 signatures! Dans le Gard, on nous signale qu’à elle seule, une collègue a collecté plus de 500 signatures ! A Chatenay Malabry (92), la quasi-totalité du personnel, enseignants et non enseignants, d’un collège a signé l’appel, principal, principal adjoint et CPE en tête !
Nous avons même reçu des lettres d’encouragement et des signatures de l’étranger (Prague, Italie).

Jean FAYEMENDY