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Compte rendu du conseil académique du 16/12/04
37 personnes présentes.
Introduction de Dominique
C’est rassurant en raison des évènements actuels de voir que vous vous êtes déplacés en nombre, cela montre l’inquiétude que nous avons tous et le souci de mettre notre organisation en ordre de bataille. Jean Lafontan devait être présent, mais il devait siéger aujourd’hui au conseil supérieur de l’éducation où Fillon devait présenter son projet de loi d’orientation. Malheureusement personne du national du SNEPn’a pu se libérer.
Hier au soir ici même une réunion académique du courant de pensée unité et action s’est tenue. Il s’agissait de réfléchir collectivement aux difficultés que rencontre la FSU aujourd’hui tant au plan interne avec l’épisode de la grève du 7 décembre, ou sur les questions de l’ouverture aux syndicats du privé ou sur la position à tenir à propos de la question du traité constitutionnel.
Je mets en relation ces questions avec celle que nous nous posons concernant le syndicalisme que nous voulons. Et c’est vrai que le SNEP et la FSU sont tenants d’un syndicalisme de lutte et de transformation sociale alors que dans le même temps beaucoup d’entre nous on le sentiment de se trouver en situation de syndicalisme réformiste et d’accompagnement.
Cela nous amène à nous poser la question de l’école, de la société que nous voulons et de la place de l’EPS dans ce cadre.
La lecture du rapport Thélot et de la loi d’orientation qu ‘il a enfanté, celle de la réforme de l’état, de la loi de décentralisation et de la loi Borloo montrent que le pouvoir conduit une réorganisation complète de la société française. On pourrait y ajouter le débat actuel sur le traité constitutionnel européen dont les enjeux nous concerne aussi au premier chef.
Ainsi l’organisation interne du système éducatif est pilotés par les textes précités mais aussi par d’autres qui ne visent qu’à l’individualisation des comportements et donc à briser les organisations collectives ou de solidarité et par là même les actions syndicales de défense des salariés.
Nous avons deux manières de nous opposer à cela .
D’une part par la bataille des idées, par l’analyse de ces textes et projets et que nous confrontons à nos propres conceptions (qui doivent être plus affinées et en particulier au plan fédéral afin d’obtenir des positions plus largement partagées par l’ensemble des syndicats de la fédération).
D’autre part en menant la bataille pied à pied sur les mises en œuvre et là je reviens sur l’opposition syndicat de lutte/ syndicat d’accompagnement.
C’est la négociation avec le rectorat sur les modalités du mouvement inter et intra ou le barème de la HCl agrégé hier et demain de la HCl des profs d’EPS, qui met certains d’entre nous en difficulté et nous donne l’impression de glisser vers une activité syndicale d’accompagnement qui est bien loin de ce qui nous a conduit les uns et les autres à « entrer » en syndicalisme.
Le point sur quelques dossiers en cours :
Sur la loi d’orientation.
L’absence de référence à l’EPS dans le projet de loi est pour une grande majorité de la profession une entrée pertinente dans la mise en action. Il n’est peut être plus vraiment utile d’expliquer, les collègues ont compris qu’une nouvelle fois notre place au sein du système éducatif est remise en cause malgré les dénégations alambiquées du ministre dans la presse. Les plans d’action des deux départements devraient permettre de mener sur cette question une activité d’envergure qui replacée dans un contexte fédéral marque notre spécificité.
Sur la question des salaires.
Les négociations sont encore en cours, mais elles restent dans le cadre d’un budget étriqué sur lequel pèse la LOLF. Le débouché devrait se faire autour de 0,5 à 0,8 % pour 2005 soit 80 fois ce dont sont en passe d’obtenir aujourd’hui les médecins ! Un front fonction publique se construit et a toutes les chances d’aboutir dans les jours qui viennent sur des actions interpro pour le mois de janvier qu’il faudra (et ce ne sera certainement pas simple) articuler avec l’action éducation qui devrait se situer autour du 20.
Sur la question des conditions de travail.
La préparation de la rentrée est engagée avec – 5500 ETP dans le second degré pour –45000 élèves annoncés, cela signifie –140 ETP pour notre académie. On va vers :
Des fermetures en nombre en particulier suite aux départs en retraite des collègues en CPA. 22 départs sont annoncés en EPS cette année.
Peu ou pas de créations nouvelles, malgré l’ouverture de 4 nouveaux établissements et la montée en charge de ceux ouverts récemment.
Cela nécessite de notre part de mettre en place un travail important au niveau des CA pour sauvegarder ce qui peut l’être.
Sur les questions corpo.
Concernant le mouvement comme la HCl notre travail en commun avec le SNES et e SNUEP nous permet de créer un rapport de force intéressant et qui nous aide à mettre l’administration en difficulté. Cela dit, nous sommes conduits à « négocier »parfois les conditions de la mise en place de la méritocratie et ce n’est pas évident.
Débat général avec les 37 personnes présentes :
Le débat qui s’est passé a été très intéressant. Il s’est focalisé sur les actions a mené afin de lutter contre le démantèlement du service public orchestré par le gouvernement. Dès lors plusieurs personnes se sont exprimés afin de donner leur sentiment sur la FSU, sur l’intersyndicale et la manière de créer un mouvement populaire important.
Les questions posées :
1- faut-il absolument rechercher l’intersyndicale ?
a) pour
b) contre
c) il faut tempérer
2- Comment créer un mouvement de masse ?
3- Un projet commun pour l’école.
4- Il faut rester lucide
5- Les commissaires paritaires
6- conclusion
1-A) Il y a ceux qui pensent que nous ne devons pas être seul dans la lutte. Ils rappellent pour leur argumentation, la frustration des mouvements de grève du printemps 2003. Nous ne pourrons jamais gagner seul, nous avons besoin de l’appui des autres pour faire pencher la balance dans notre sens. Pour cette raison, ils pensent qu’il est indispensable de créer une intersyndicale puissante avant de se lancer dans une lutte. Une collègue nous dit : « Depuis quelques années, les réformes qui ont été mises en place avancent de façon ahurissante. Si nous n’essayons pas de créer une intersyndicale, alors à quoi bon chercher à savoir ce que va faire le SNEP. »
B) Inversement, il y a ceux qui pensent qu’il n’y a jamais eu d’intersyndicale sans mouvement de masse important. Les actions syndicales unitaires ne se créent que lorsque dans la société ça bouge déjà énormément.
L’autre argument avancé est que malheureusement, beaucoup de personnels du SNES ne se sentent pas concernés par la loi d’orientation. Ils font partis du socle commun des connaissances et leur discipline n’est pas menacée. La preuve est que lors de la grève du 7 décembre, se sont les enseignants d’EPS qui ont été les plus mobilisés. De plus, le SNUIPP n’appelait pas à la grève. Pour eux, la préoccupation principale s’articule autour de l’action « cartons rouges ». Enfin un collègue finit par nous dire : « Si nous ne bougeons pas qui bougera pour nous ? »
C) Le SNUIPP n’a pas voulu appeler à la grève le 7, car ils ont été frileux par rapport à l’échec de 2003. Ils ressentent aujourd’hui un malaise. C’est pour cela que la FSU va appeler à la grève vers le 20 janvier, la FSU se positionne donc par rapport à la loi FILLON. On va vers une grève fédérale, mais qui devrait pouvoir s’élargir à une grève éducation. L’unité se crée au sein de la FSU.
2- Plusieurs choses sont à faire pour créer l’unité et l’action de masse.
a. Il ne faut jamais arrêté d’être en action.
- A ce titre le SNEP VAR a organisé plusieurs manifestation sur cette fin d’année et a un programme tout à fait intéressant. Les syndiqués du 83 ont pu recevoir un mail leur indiquant les lieux de rendez-vous.
- Une action intéressante est prévue début janvier avec tous les collègues du VAR et des ALPES MARITIMES. Vous recevrez, tous ceux qui sont inscrits à la lettre, les différentes informations qui vous permettront de prendre rendez-vous et intervenir pendant les journées d’actions prévues. Pour cette action nous espérons rallier à nous toutes les personnes qui se sentent concernés par la loi FILLON. Si vous connaissez un collègue syndiqué en EPS demandé lui, il pourra vous informer.
- Certains collègues ont demandé une audience auprès de chirac. Dans l’appel à personnalité, il a été demandé à Aimé Jacquet de nous accompagner pour aller devant chirac.
- Suite à la grève du 7, lors d’un l’AG dans le VAR, il a été envisagé la réalisation d’un forum sur la loi d’orientation.
b. Il faut informer le plus possible, et le plus clairement possible, toutes les personnes concernées par l’éducation nationale (les collègues, les parents). Il faut leur faire connaître tous les méfaits des lois que le gouvernement tente de mettre en place. A ce titre, grâce au net, nous avons pu prendre connaissance de l’action d’un collègue de l’académie de CAEN à l’encontre des parents d’élèves. Il faut que nous en fassions tous autant. Ceci est prévu pour la rentrée.
c. Il faut utiliser les médias. Le gouvernement s’en sert trop bien pour nous dévaloriser. Servons-nous en pour vraiment informer. Dans le but de médiatiser nos actions, les journalistes de Nice et Var matin ainsi qu’un journaliste de la MARSEILLAISE ont été conviés pour effectuer une conférence de presse lors du conseil académique. Le sujet était : la réforme FILLON, et notre campagne contre une éducation sans éducation physique et sportive.
3- Dans tous les cas, Dominique nous dit que si nous voulons réussir a créer une intersyndicale puissante au sein de la FSU, ce qui est indispensable pour que nous soyons fort dans les luttes à venir ; il est impératif d’en passer par l’effort de création d’un projet pour l’école. Il faut une projet éducatif fédéral afin d’avoir une ligne directrice sur laquelle les gens peuvent se retrouver et se mobiliser.
4- Ce qui est très important est que nous restions lucide afin d’éviter des déceptions comme celles de 2003. En effet, Jean LAFONTAN nous le disait il y a peu de temps, l’académie de Nice fait partie des académies les plus avancées par rapport à la lutte. Par conséquent, ce n’est pas parce nous réalisons beaucoup de choses qu’il se passe exactement la même chose partout en France. Il ne faut donc pas se désespérer mais continuer nos efforts en espérant que bientôt nous pourrons contaminer l’ensemble du pays.
5- Concernant les commissaires paritaires, depuis deux ou trois ans, ils ont l’impression de servir à rien. Il est impossible de discuter sur le fond des problèmes. Cela gêne nos commissaires qui en ont marre de ne faire que de l’accompagnement des réformes menées par le gouvernement. La question est alors de savoir s’il est vraiment utile d’être présent aux commissions paritaires pour les mutations. Là encore deux avis s’opposent :
- Certains pensent que pour la légitimité du SNEP, il faut boycotter les commissions tout en expliquant aux collègues les raisons de ce choix. Il n’est plus possible d’être présent sans avoir la moindre possibilité de défendre des collègues en raison des règles qui sont posés depuis quelques temps. Etre présent, se serait légitimer le système.
- D’autres pensent que la politique de la chaise vide peut être très dangereuse. En étant absent, il n’est plus possible d’ennuyer le pouvoir en révélant pendant les séances les disfonctionnement du système proposé. De plus, la France est le seul pays européen dans lequel le paritarisme existe. Si nous refusons de siéger, nous risquons de faire le bonheur de ceux qui ne souhaite qu’une chose, la disparition du paritarisme et la mise en place du « piston ».
Dans tous les cas, nos commissaires paritaires sont dans une position inconfortable ainsi que tous les personnels qui souhaitent muter. C’est d’autant plus dommageable qu’en 2005, il y a les élections pour les commissaires paritaires. Quelle stratégie mettre en place ?
6- Voilà en gros tous les débats qui nous ont animés pendant cette journée. J’espère que vous aurez compris qu’il ne faut pas lâcher la pression, et que c’est ce que nous essayons de faire. Qu’il ne faut surtout pas se démoraliser si des non avertis ne manifestent pas encore avec nous, il suffit de leur donner une information la plus simple est complète possible. Enfin, il nous faut nous creuser la tête afin de mettre sur pied un projet d’école fédérateur pour tous les syndicats de la FSU. Si nous parvenons correctement à faire tout cela nous réussirons à construire un monde meilleur.
Laurent.