| STAGE SUR LES PROGRAMMES
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Le 15/10, à Figanières, le stage sur les programmes rassemblait une quarantaine de personnes. Christian COUTURIER, un des responsables nationaux du SNEP, a rappelé en quelques mots l’historique de cette question des programmes. C’est une préoccupation en effet ancienne puisque déjà dans les IO de 96 on parlait de programmes. Restait le problème de la méthode : il s’agissait de faire en sorte que la profession soit associée à l’écriture et à l’élaboration. En fait, de plus en plus la profession perd la main au profit de l’Inspection Générale. Christian COUTURIER a donc proposé au travers de l’étude des textes de relever les points positifs et négatifs, de faire des recommandations. Nous avions à notre disposition la proposition de rénovation du texte des programmes collège ainsi que des réactions syndicales, des courriers de collègues, les amendements du SNEP à la proposition de l’administration. Un débat, riche mais trop court pour vraiment étudier tous les textes, par petits groupes, s’est installé, qui a abouti à plusieurs remarques et positions.
-doit-on apprendre des APS ou doit-on apprendre à faire des APS ?
-quel individu veut-on former ?
-le projet a des continuités par rapport au projet précédant : les finalités sont les mêmes qu’en 96 mais les objectifs généraux ont disparu, présentés sous la forme de quatre grandes expériences corporelles, qui renvoient au groupe, à l’environnement (pas à soi-même).Est-ce réducteur ? La spécificité disparaît au profit de la transversalité.
-divergence : certains collègues pensent que culturellement, il est important que tout soit décliné (les compétences spécifiques) pour que les collègues soient obligés de les enseigner. D’autres pensent que ce n’est pas nécessaire car les conceptions de l’enseignement sont différentes, les installations aussi. D’autres encore pensent que l’important est d’avoir une logique de la 6è à la Terminale (attitude médiane ?) .
-un point positif : les quatre expériences corporelles sont citées également dans les programmes du Primaire et du Lycée.
-le législateur ne s’est pas donné les moyens de finaliser les textes de 96 par un examen en Collège.
-Le programme ne se prononce pas sur la hiérarchie des compétences : il faudrait peut-être déterminer ce qui est indispensable, obligatoire ou facultatif.
Mais peut- être faut-il reposer la question : à quoi servent les programmes ? Représentent- ils une garantie de l’indépendance de l’enseignant ? Doivent-ils être les mêmes nationalement et partout ?
Le point de vue du SNEP : nous pensions que la phase de lutte pour l’obtention d’un programme était passée. En fait, il nous faut recommencer : il n’y a pas accord sur la nécessité du programme en EPS. Certains pensent que les objectifs suffisent, mais :
- les programmes, avant d’être un manuel EPS, sont un outil politique : ils affichent quelles sont les ambitions de formation pour une société. C’est un contrat, nous demandons des moyens pour le remplir. Si c’est la réussite individuelle qui est visée au lieu de la collective,(voir rapport Thélot) il n’y a plus besoin de programme : les pouvoirs publics se dégagent de leurs responsabilités, la « faute » incombe donc au prof, ou à l’élève…
- quel type de programme ? Ce qu’on nous propose actuellement, c’est de laisser chacun décider des compétences spécifiques : il n’y a pas de baromètre, pas de logique. Cela permet que chacun s’y retrouve, mais c’est une responsabilité individuelle et non sociale.
- Depuis quelques années la profession est en difficulté sur la question des contenus : quels choix faisons- nous aujourd’hui pour les élèves ? L’exemple du Bac est assez typique. Certaines APS sont très concrètes et précises (le 3 fois 500m), il y a une logique, un objectif fixé par la société ; l’enseignant doit mettre tout en œuvre pour faire réussir les élèves. A l’inverse en sport collectif c’est le flou artistique, chacun fait comme il pense… Il y a une culture commune à atteindre. Faire des choix peut paraître restrictif ou au contraire libérer de la responsabilité collective.
- Ce qu’il faut définir, c’est le seuil minimal pour que l’Ecole garantisse sa mission. C’est aussi décliner les savoirs incontournables pour une culture commune.
Actuellement, l’enjeu des programmes est de définir ce vers quoi nous voulons amener les enfants. Cela ne veut pas dire que tous les enseignants doivent enseigner autrement. La cible du Ministère se fait sur les moyens, pas sur les résultats, car il ne veut pas définir le fameux « socle minimal ».
Et vous, qu’en pensez-vous ?
La profession est-elle interressée par un débat sur les programmes ? Car il y a rupture entre la réalité de tous les jours et ceux qui travaillent sur les programmes, y compris parfois ceux du syndicat.
Patricia GIANNO