GREVE le 28 MARS


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Le premier Ministre veut la grève du 28 mars. Il ne veut pas résoudre le problème posé par l'adoption du CPE. Il n'a pas pris la mesure des mobilisations importantes qui se déroulent régulièrement depuis deux mois. Il prend le risque d'accentuer les actes de violence qui accompagnent les manifestations ; il spécule sur la peur, le découragement ; il n'accepte pas qu'une population se lève contre un dispositif inique ; en bref, il a décidé de ne rien voir, de ne rien entendre, par contre, de beaucoup dire.
Visiblement, il veut tester jusqu'au bout la capacité de mobilisation des organisations. Aujourd'hui, vendredi 24 mars, 16 heures, après avoir rencontré les 5 confédérations syndicales, il n'a rien d'autre à dire sinon qu'il persiste et qu'une prochaine rencontre aura lieu le 28. L'astuce est claire : il veut voir l'effet produit sur l'opinion par la formidable campagne médiatique sur les casseurs et les violences.
La réponse à donner est claire : réussir la journée du 28 mars.
Cette réussite signifie clairement deux choses : d'abord que la grève soit massivement suivie, c'est-à-dire débouche sur des « établissements déserts » ; ensuite que les manifestations soient imposantes, et elles ne le seront que si vous y participez effectivement. Nous vous y attendons nombreux.
Le gouvernement spécule sur la pression des examens et sur l'activité des organisations qui le soutiennent pour faire désespérer les jeunes.
Ce calcul est mauvais. Le CPE n'est pas que l'affaire des jeunes. Il est un premier pas vers une refonte du code du travail et du statut des fonctionnaires. De plus en plus, ce gouvernement dénonce comme une situation anormale le fait qu'il y ait des salariés « protégés », reconnaissons sous ce vocable les fonctionnaires, alors que le chômage frappe lourdement (10%) l'emploi dans le secteur privé. Le CPE questionne aussi notre avenir.
Voilà pourquoi, le 28 mars, par son ampleur, doit faire fléchir le gouvernement et enterrer durablement tous les projets qui veulent faire de tous les salariés les flexibles de demain.
En grève, tous en grève le 28 !

Jean Lafontan
Secrétaire général
Le 24 mars 2006