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Edito

 Après le covid-19, c’est le 2S2C qui frappe l’EPS


Avec l’activation du Groupe d’Appui départemental (GAD), c’est une déclaration de guerre que vient de déclencher le DASEN du Var.

Le Snep, lors de la dernière CAPA d’avancement Hors Classe, avait interpelé le nouveau secrétaire général, M. MARTIN, sur cet OVNI qu’est le 2S2C. Il a feint de ne pas comprendre et nous a gentiment proposé de faire remonter notre inquiétude. Il est évident qu’il ne souhaitait pas débattre de cette question. La réponse des IPR n’était pas plus éloquente, laissant penser que ce dispositif concernait davantage le primaire que le secondaire. Il semble d’ailleurs que les IPR aient été écartés des réflexions, ces derniers n’ayant pas été invités à participer au GAD.

Le 2S2C, qu’est que c’est?
Le Sport Santé (2S) Culture et Civisme (2C), est l’une des quatre situations dans laquelle un élève peut être à la suite du déconfinement. L’élève peut être en présentiel, en distanciel, à l’étude ou pris en charge par le dispositif très flou du 2S2C.
Des groupes d’élèves dans le primaire mais aussi dans le secondaire pourraient donc être inscrits à ce dispositif mis en œuvre conjointement par l’Etat, les collectivités territoriales, les associations et les clubs (c’est la fonction du GAD, ersatz du fameux « école le matin et sport l’aprèsmidi » de 2011). L’idée générale est ici de permettre, sur le temps scolaire, de réaliser des activités sportives et culturelles.
L’idée peut sembler généreuse mais ne nous trompons pas, elle habille d’une autre façon un aménagement des rythmes scolaires (école matin et sport l’après-midi). JM. Blanquer profite de la complexité de la situation pour instaurer la confusion entre les disciplines obligatoires de la responsabilité de l’Etat et des dispositifs encadrés par des intervenants extérieurs, et ce sur le temps scolaire. Il tente de faire de ce 2S2C, une alternative à l’organisation de l’école actuelle et finalement de faire disparaitre tout ce qui ne constitue pas pour lui, les « fondamentaux » : « lire, écrire, compter, respecter d’autrui ».

Quelles pourraient être les conséquences dans les établissements?
Ce fonctionnement met nécessairement en tension l’utilisation des installations sportives. Ainsi, les villes de Rennes et Bordeaux ont déjà envoyé des courriers coordonnateurs EPS pour réserver l’usage des installations au profit des 2S2C, conformément à une directive du ministère des sports. En effet, dans le guide du ministère des sports, il est précisé : « Les équipements sportifs couverts ne rouvriront pas avant le 2 juin 2020 au moins, sauf pour les sportifs de haut niveau, les sportifs professionnels et les scolaires accueillis dans le cadre du programme sport santé civisme et culture ». Le 2S2C se met donc en place au détriment de l’EPS, pour le bénéfice de quelques élèves volontaires.

C’est une attaque frontale contre la discipline EPS ?
Nous sommes clairement face à une volonté de remplacer l’EPS par les clubs sportifs. Après avoir fragilisé le mouvement sportif, le gouvernement utilise cette période pour avancer dans des projets qui génèrent des conflits.

Qu’en est-il dans notre académie ?
Pour le Var, c’est l’aire toulonnaise qui va expérimenter en premier ce dispositif. Le GAD est réactivé pour cette mise en œuvre. Qui le pilote ? La Direction des services départementaux de l’Education Nationale (DSDEN) et la direction de la cohésion sociale et la protection de la population (DDCS/PP).
L’Union Nationale du Sport Scolaire s’est lancée, via sa direction nationale, dans cette procédure sans consultation aucune de ses instances. Elle joue ainsi le rôle d’entremetteuse entre les fédérations sportives, les services de l’éducation nationale et les collectivités territoriales pour mettre en place le 2S2C, sans les enseignants d’EPS qui composent pourtant la chair et le cœur de l’UNSS. Les IPR n’ont pas été invités, pas plus que le SNEP et le Snuipp (syndicat des professeurs des écoles). C’est donc l’ensemble du ministère de l’Education nationale et l’UNSS, qui joue contre ses propres agents. Scandaleux !
Aux éducateurs sportifs revient la mission d’entraîner, de développer, d’approfondir dans un cadre de pratique volontaire (associations, clubs) des compétences sportives qui ont pu être découvertes en EPS et/ou à l’AS. Ils ont été formés pour cela, pour une ou plusieurs disciplines sportives. Leurs compétences ne peuvent être remises en cause.
Aux professeurs des écoles, à condition qu’ils y soient formés, aux enseignants d’EPS et plus largement aux diplômés de la filière Education et Motricité, il revient d’éduquer, de former, d’instruire TOUS les élèves, en prenant appui sur des pratiques qui dépassent le cadre du sport. Les diplômés de Licence STAPS (Bac+3) ont bénéficié de 1500 heures de formation pluridisciplinaire, scientifique et technique. Pour devenir professeur, ils s’engagent ensuite dans une formation de master (bac+5). Tant sur le plan pédagogique que sur celui de la didactique, les ignorer ou les galvauder n’apparaît pas tenable, pas acceptable.
Alors quand le directeur départemental de l’UNSS du Var interroge la profession sur les conditions de reprise de l’EPS pour se légitimer dans cette instance, il prend le risque de se décrédibiliser auprès de la profession. Maladresse et ou conviction ?
Nous avons eu l’occasion de dire à nos cadres UNSS locaux, que les conditions sanitaires imposées par le ministère ne permettaient pas pour l’instant de proposer un enseignement de l’EPS, ou au mieux une prise en charge d’une activité physique modérée. Quant à l’AS, son fonctionnement est suspendu, d’une part par le fait que les installations sportives sont inaccessibles, et d’autre part parce qu’une exposition inconsidérée des élèves nous semblait peu opportune et peu d’actualité, alors même que les plus grands n’ont pas repris le chemin de l’école. Ces questionnements dans le contexte actuel, nous paraissent donc surnaturels.
Profiter d’une telle situation est purement scandaleux pour tous ceux qui connaissent l’histoire de notre discipline !
La pratique physique sportive et artistique et son enseignement sont le cœur de métier des enseignant(es) d’EPS. Il s’agit de leur responsabilité au sein du système éducatif. Il est inconcevable d’aller chercher des ressources externes quand le potentiel d’enseignants existe et est disponible. C’est là leur engagement quotidien auprès de millions d’élèves.
Nous invitons les collègues qui seraient interrogés sur la reprise de l’EPS dans les établissements par d’autre instance que nos IPR, à renvoyer la vidéo:https://m.youtube.com/watch?v=W1ChXf3WUIo#dialog en guise de réponse !

Une fois de plus la profession va devoir faire front !

Pour un geste fort, syndiquez-vous !
Colas MOUTON pour le SNEP Nice

 

Les Choses bougent mais les choses demeurent floues. (7 mai 2020)

Sans autre introduction rappelons qu’un poste de CPD EPS passe au mouvement et qu’il doit faire l’objet d’un dépôt de candidature avant le 12 mai à 12h. L’enjeu pour la profession est important car ce poste est un pont entre le primaire et le secondaire. La fonction est ouverte aussi aux collègues du primaire. Nous vous renvoyons à l’article de notre collègue Gilbert ORIS CPD EPS du 06.

Nous refermons cette parenthèse pour revenir sur la réouverture des établissements.

Notre inquiétude s’est avérée fondée. Force est de constater qu’il y a une disparité importante sur la mise en œuvre des conditions de réouverture des établissements scolaires. La justification de la spécificité propre à chaque établissement a sa limite. Le Snep Nice dit tout haut ce que la profession pense tout bas. Il n’y aura pas de reprise de l’EPS pour cette fin de l’année. Malgré tout, nous restons une force d’encadrement et d’idées qui doit permettre l’accompagnement de la réouverture des établissements (nous vous renvoyons à notre précédente publication).

Le protocole sanitaire

C’est le cadre de notre intervention et ce sera certainement les seules consignes professionnelles données, le reste étant du « Bon Sens ». Encore une fois, l’évident n’est pas explicité, car, non, il n’y a rien d’évident à modifier une pratique professionnelle, surtout dans ce cadre sanitaire.

Mais impossible pour la profession de reprendre sans avoir lu les pages 38 et 39 du protocole sanitaire. En sept petits points et la messe est dite ! Nous connaissons le désir de bien faire, le désir de servir, et le désir de repousser les limites de la profession. C’est pour ça que nous aurions souhaité que nos IA IPR soit plus véhéments sur la prudence d’une mise en œuvre (même si nous sommes nombreux à ne pas leurs envier leur place au regard de cette tâche).

Un exemple, si l’on s’intéresse à la modélisation d’une étude publiée par URBAN PHYSICS, (WIND ENGINEERING & SPORTS AERODYNAMICS Auteur : B. Blocken and al.), on est en droit d’interroger les prérogatives du protocole. En effet les biophysiciens ont modélisé le nuage de gouttelettes de salive d’un joggeur en fonction de sa vitesse. Résultats : à 4 km/h (marche rapide) la distance de sécurité pour le suivant est de 5 mètres ; à 14,4 km/h (jogging) cette distance est de 10 mètres. En deçà, vous seriez noyé dans un nuage de gouttelettes salivaires (conditions de laboratoire avec vent nul). Solution : courir de front avec une distance de sécurité de 1,5 mètres. Adieu le jogging autour du stade ! Que dire des sorties à la file indienne de marche soutenue avec des espaces de 5 mètres. Une queuleuleu de 70m, pratique pour la surveillance visuelle !

Non les solutions ne sont pas simples. Les IA IPR se sont bien entendu engagés à répondre à toutes les sollicitations des collègues. Pas de fausse pudeur, le ridicule ne tue pas, les imprudences si !

Que dire aussi des installations sportives fermées qu’il semble que « Jeunesse et sport » a proscrit dans ses protocoles et dont il n’est pas fait état dans ceux de l’éducation nationale (même si l’on encourage la pratique en plein air). L’enseignant est-il censé s’assurer que le protocole sanitaire est effectivement réalisé dans un gymnase municipal avant qu’il n’y arrive avec son groupe d’élèves ? Comme on nous demande de vérifier l’ancrage des buts par exemple. La réponse de l’inspection pédagogique n’écarte pas cette responsabilité. Mais comment et avec quelles compétences le collègue peut-il s’assurer de l’efficience de ce nettoyage sanitaire ? On voit ici la limite de cette responsabilité éclatée entre l’état, les collectivités territoriales et les mairies.

Notre intention n’est pas de faire peur, mais d’illustrer qu’il n’est pas raisonnable d’envisager une pratique de l’EPS. Organiser les temps de détente, d’étirements, ou d’activation sur  30 minutes dans une cour a certainement son utilité mais laisser entendre qu’avec du bon sens nous trouverions des solutions nous semble anxiogène pour la profession.

Le 2S2C

 Alors que dire des 2S2C ? Sport Santé Culture et Civisme lancé comme une solution de dédoublement des groupes sans beaucoup d’autres précisions. Cette « idée », qu’il est difficile à ne pas rapprocher d’un vieux serpent de mer, « cours le matin, sport l’après-midi », semble peut-être un peu plus opérationnalisable au Primaire. J’espère que vous lisez notre grande prudence sur le sujet. Mais cette intervention en collège et en lycée nous semble bien plus périlleuse. Qui s’assure de certifications des intervenants, qui engage sa responsabilité sur cette pratique ? Beaucoup de questions, peu de réponses. Sans parler de ce que les clubs pourraient proposer que les collègues ne puissent assurer ?

Enfin pour qu’il n’y ait pas d’ambigüité, car nous connaissons la réactivité de l’UNSS en la manière, pour investir tout dispositif comme s’il fallait justifier de son utilité. Comme dans les albums de Martine, l’UNSS s’éparpille. UNSS et la santé, UNSS et les fédé, l’UNSS et les JO 2024, nous craignons que le dernier volume de cette série ne soit UNSS et le 2s2c ! Nous rappelons à toutes fins utiles que l’UNSS a déjà toute sa légitimité dans le système éducatif et qu’elle répond à un accès au sport  pour tous au travers des AS. Enfin elle organise la vie entre les AS ! Dans les conditions sanitaires actuelles, il serait malvenu qu’elle sollicite les collègues dans une pratique bancale et hasardeuse ! Nous revendiquons que les activités de l’UNSS soient de grande qualité avec un encadrement de haute compétence, celle des collègues d’EPS. Gageons que cette inquiétude soit sans fondement.

Qu’il est dur d’être concis tellement l’actualité est chaude. Un point sur les examens, les discussions ont encore lieu à l’heure où nous écrivons ces lignes. Pour le DNB l’épreuve sera sur 700 points, pas l’oral. 400 pour le socle, et 300 pour « l’investissement ». Parions que le COVID-19 sera plus efficace en termes de réussite au DNB que les efforts de la profession.

Pour le mouvement intra nous vous invitons à vérifier votre barème sur Iprof (voir notre encadré) et à mandater le SNEP pour défendre votre mutation. Enfin pour les stagiaires en EPS, la procédure de titularisation n’a pas encore été rediscutée et la soutenance de mémoire sera en visio conférence. Là encore l’inspection pédagogique nous a assuré que la bienveillance sera de mise.

Le SNEP Nice vous appelle donc à la plus grande prudence et à rester humble dans la mise en œuvre. 

                            Colas mouton pour le SNEP Nice

 

 

 

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