Lettre de rentrée du SNEP-FSU Nice
Le SNEP Nice et les collègues qui l’animent te souhaitent une bonne et heureuse rentrée scolaire.
Nous espérons que tu as profité de ces vacances pour faire le plein d’énergie, car nous en aurons
besoin pour supporter le contre-feu du ministre Geffray, avec l’interdiction du téléphone dans les
lycées.
Car, comme pour les incendies au milieu des canicules, c’est bien la responsabilité individuelle des
lanceurs de mégots qui est pointée du doigt… et pas le dérèglement climatique, lié au manque de
moyens, notamment de Canadairs. On reprend ainsi l’anathème du président Macron lors de ses
vœux à la Nation : « Qui aurait pu prédire ? »
Après dix ans de politiques néolibérales et de casse des services publics, notre école publique est mal
en point et ne tient que grâce à l’investissement de ses personnels, comme de nombreux services
publics en France.
Les services publics manquent de moyens matériels et humains. Concernant l’école, depuis 2022, la
France est à la triste première place en Europe pour le nombre moyen d’élèves par classe, au regard
des suppressions massives de postes décidées par les gouvernements successifs.
Le bilan de l’évolution du nombre de postes d’enseignant·es dans le second degré public depuis 2017
est clair. Selon le ministère, l’évolution du nombre d’élèves a été de -5 700, pour… 5 702
suppressions d’emplois d’enseignant·es, soit une suppression d’emploi par élève de moins.
Le détail de ces suppressions montre également la précarisation des métiers : 15 000 emplois de
titulaires supprimés et 9 370 emplois de contractuel·les créés (Repères et références statistiques,
DEPP).
Concernant les salaires, les fonctionnaires ont subi un déclassement salarial de 17,6 % depuis 2020,
très rapide et en très peu de temps. Des conditions de travail qui expliquent sans aucun doute le
manque d’attractivité de nos métiers.
Le téléphone est bien l’arbre qui cache la forêt calcinée.
Car, hors des drames humains, dont nous espérons que tu n’as pas été touché·e, c’est bien un triste
record de 1 milliard de m² de forêt brûlée qui a été atteint. Soit quatre fois la superficie de tous les
terrains de football de France (estimée à 30 000 terrains) !
1 000 millions de m² : des grandeurs qu’il va falloir maîtriser pour appréhender l’ampleur de la
situation.
Des choix politiques s’imposent, notamment lors de cette année d’élections présidentielles et
législatives, pour rénover et renforcer notre École.
Nous détaillerons plus tard ces transformations, qui sont certainement une évidence pour toi aussi :
bâti scolaire, encadrement, revalorisation, perte de sens du métier…
Des choix politiques pour une école à la hauteur des besoins
Des choix politiques pour améliorer l’école sont possibles. Il y a de l’argent pour les mettre en œuvre
quand :
– 12 milliards d’euros d’argent public vont tous les ans vers l’école privée sous contrat.
L’argent public doit aller à l’école publique.
– 211 milliards d’euros d’argent public sont donnés tous les ans aux grandes entreprises, sans
contrepartie et sans contrôle.
– La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit le doublement du budget de la
Défense, avec 413 milliards d’euros sur six ans.
– Les 500 familles les plus riches de France détiennent plus de 1 200 milliards d’euros, soit
une multiplication par sept en vingt ans !
Pour investir dans l’École et les services publics, il faut faire des choix économiques dans l’intérêt
général : répartir les richesses et ne pas laisser s’enrichir indûment les ultra-riches.
La justice fiscale est plus que jamais à l’ordre du jour. C’est l’impôt qui finance les services publics.
L’année qui s’ouvre nous offre des temps forts pour peser et affirmer haut et fort les transformations
indispensables. Saisissons toutes ces opportunités pour faire entendre et advenir nos revendications.
Là encore, nous reviendrons sur les appels à mobilisation. Deux rendez-vous, malgré tout :
– Grève intersyndicale du mardi 29 septembre pour les salaires, l’emploi et les services
publics.
– Du 3 au 10 décembre : les élections professionnelles, qui seront un moment indispensable
pour tous·tes les fonctionnaires afin d’affirmer leur attachement aux services publics.
Les mobilisations peuvent faire reculer les mauvais projets.
Même dans un contexte difficile, les mobilisations ont pesé ces dernières années, avec, par exemple,
l’abandon de l’obligation des groupes de niveaux voulus par G. Attal, le retour en arrière sur les «
uniformes à l’école », qui n’ont été qu’un écran de fumée pour ne pas traiter les vraies
problématiques du service public d’éducation, ou encore le recul du ministère dans la voie
professionnelle sur le parcours en Y, avec le retour des examens au mois de juin.
Il faut continuer d’agir !
Dès cette rentrée, pour améliorer l’École et les droits de ses personnels, nous vous invitons à vous
syndiquer et à agir syndicalement dans vos établissements !
Bonne rentrée à toutes et tous.
Colas MOUTON, secrétaire académique

